LA VICTOIRE DES « LIONS » DE VALENTIGNEY A.S. Valentigney bat C.A. Vitry, 2 buts à 1. La partie
Paul Bel, capitaine du C.A. Vitry, offre à Goll, qui commande le onze de Valentigney, un fanion aux couleurs vert et or, et le « Doubiste » remet au « Vitryot » une gerbe de fleurs. Puis M. Vé- trano donne le coup d'envoi à Vitry, qui a perdu le « toss ». Valentigney profite du vent.
Le C.A.V. attaque et E. Romande botte au- dessus de la barre. Les « lions » en sont réduits à se défendre. Pourtant ils se dégagent, et 7 minutes après le début Chavey suit, sur un loupé de Thirion ; arrivé à 25 mètres du but de Badé, il shote sec à ras de terre, le portier vitryot hésite et... la balle est dans ses filets. Stupeur générale, mais Valentigney compte un but.
Vitry continue à prendre l'avantage. Successivement Dimoff, Baehr et Kenner bottent au-des- sus ou à côté.
Simonin arrête Bach et dégage ; Chavey des- cend en trombe, Blondeau arrête de la main à 30 mètres de ses buts. Rigoulot donne le coup franc en force, Badé n'arrête pas.
Valentigney, 2 ; Vitry, 0.
Le jeu s'égalise et le ballon est le plus souvent au centre du terrain. Le football pratiqué est faible. Dimoff est toujours hors jeu et se fait pé- naliser. Lovy, trop nerveux, loupe fréquemment. Boudinot, indécis, n'en profite pas. Sur l'un de ses centres Dimoff, chargeant Lovy, obtient un corner qui ne donne pas de résultat. Aussitôt après Richard dégage encore en corner, toujours infructueux. Sur un centre de Gigoux, Chavey, bien placé, botte à côté. Bel n'est pas dans la course, son équipe s'en ressent. Chavey attend trop pour passer à Grèdy, et celui-ci est sifflé hors jeu, alors qu'il était en excellente position. Vitry reprend l'avantage, mais ses avants n'ar- rivent pas à marquer. Schmitt est à ce moment le nîment pas à marquer. Comm. est meilleur homme de son équipe. Valentigney domine un moment, mais Badé arrête à deux reprises, et la mi-temps arrive après que Dimoff ait chargé inconsidérément le robuste Lovy. Le repos semble avoir été profitable aux joueurs de Vitry, qui attaquent avec fougue et forcent leurs adversaires à se cantonner en défense. Entz, très à l'ouvrage, se tire heureusement de situations difficiles. Rigoulot charge irrégulièrement Boudinot, l'arbitre siffle coup franc. Celui-ci est bien donné par l'ailier gauche vitryot, et Bach, reprenant de la tête, envoie la balle dans le but des « blancs ». Valentigney, 2; Vitry, 1. Le jeu est toujours à l'avantage de Vitry, mais ses avants sont lamentablement inefficaces, Dimoff continuant à se faire siffler hors jeu. Kenner dribble à travers le terrain et E. Romande botte au-dessus ou à côté, alors que le but semble acquis. Vitry obtient en un quart d'heure une dizaine de corners. Tous sont improductifs. Une tête de E. Romande frappe la barre. Entz et Simonin se démènent, rien ne passe. Chavey lance Grèdy et l'ailier centre Blondeau intercepte. Trois fois la même phase de jeu se reproduit. Badé arrête et dégage. Blondeau loupe, Haenni suit et shote, Badé met en corner. La fin approche, mais les joueurs, malgré leur épuisement, continuent à se dépenser. Vitry paraît devoir égaliser, mais ses adversaires se reprennent, et c'est à leur tour de venir occuper le camp des Parisiens. Badé stoppe un beau shot de Chavey, Romande envoie la balle par dessus le but vide de Valentigney, Entz, sorti, ayant manqué la réception. et M. Vétrano siffle la fin de cette partie, qui qualifie pour la finale de la Coupe une équipe qui est elle-même toute surprise d'en arriver là. Le jeu, les équipes et les joueurs
Le football pratiqué hier par les deux « onze » fut rude, heurté et de médiocre qualité.
L'imprécision des joueurs fut notoire. Après les erreurs du début, habituelles dans une partie de cette importance, où les équipiers sont nerveux à l'extrême, on pensait que les deux formations allaient s'appliquer à reproduire leurs méthodes personnelles. Il n'en fut rien. Vitry eut beaucoup plus que son adversaire l'occasion d'attaquer, mais la sté- rilité de ses avants l'empêcha de réaliser, alors que les joueurs de Valentigney, plus positifs, plus résolus, profi- taient de leurs avantages physiques pour foncer et déborder la défense des « vert et or ».
Le jeu fut généralement aérien, et pourtant les joueurs de Valentigney étaient presque toujours battus au jeu de tête.
Les vainqueurs subirent plus souvent l'influence de leurs adversaires et Bel essaya maintes fois d'imposer le jeu à terre, mais le capitaine des Vitroyts, dans un mauvais jour, envoya souvent le ballon dans les jambes de Gall qui, na- turellement, dégageait son camp.
Valentigney parut moins à l'aise qu'au cours de ses derniers matches; il est évident que ses joueurs étaient fort émotionnés et ceci se comprend facilement. Mais l'équipe vaut mieux que son exhibition d'aujourd'hui et est capable de confectionner un meilleur football.
La force du onze est l'attaque, qui comprend des joueurs résolus et qui savent fort bien profiter des moindres occa- sions pour marquer. Les demis sont terriblement accro- cheurs, Gall en étant la meilleure unité et Richard la moins bonne, Rigoulot défend bien. Cette ligne a besoin de travailler son service. En arrière, Lovy fut faible, sur- tout en première mi-temps. Cet hercule était impressionné au point qu'il se trouva mal pendant le repos. Simonin, excellent sur la balle, a progressé quant à la place à occu- per, il fit un bon match. Entz, au but, joua bien, son arrêt du ballon est net. Au cours de la première mi-temps, il sortit prématurément; mais, dans l'ensemble, il donna satisfaction.
Somme toute, l'équipe puise sa valeur, d'une part, dans les qualités naturelles de Entz, Gall, Grèdy, Chavey et Haenni, les joueurs éduqués et mis au point atteindraient facilement le niveau des meilleurs footballeurs de notre pays. Et, d'autre part, dans la volonté d'ensemble des équipiers qui se donnent avec un cœur admirable, mais qui, s'étant formés eux-mêmes, pratiquent un football sim- ple qui a maintenant atteint son apogée.
On doit féliciter les vaincus d'hier pour la ténacité dé- montrée et le courage avec lesquels ils ont défendu leurs sympathiques couleurs. Il est possible d'affirmer que les erreurs commises au début du match leur coûtèrent la vic- toire. Mais on peut aussi déclarer que l'équipe du C.A. Vitry manque par trop de méthode et d'efficacité. Badé, au but, prit une part aux deux « goals » marqués contre lui, surtout le premier. Par la suite, il joua bien. Blondeau fut meilleur que Thirion, parce que plus actif, tous deux loupent dangereusement. F. Schmitt fut le meil- leur demi de son équipe, il joua tout le match. Bel ne pa- rut pas à son avantage, il n'enlèvera jamais son équipe et fut imprécis dans ses passes, ce qui n'est pas son habitude. F. Romande ne brilla pas non plus et la ligne ne donna pas ce qu'on en attendait. En avants, il est difficile de dire lequel des cinq joueurs fut le moins mauvais. Bach est courageux et joua comme à son habitude; mais Kennes, qui, lui, a de la classe, fut presque toujours mal inspiré, il dribbla trop, beaucoup trop. Dimoff se vit siffler une quinzaine de hors-jeu, c'est impardonnable. E. Romande et Boudénot se dépensèrent sans résultat; le premier shoota mal, le second tarda trop à centrer et ne voulut pas botter au but, ce en quoi il eut tort à plusieurs reprises. Un vétéran arbitra bien cette partie, où les joueurs se montrèrent très sportifs. — L. G.