MARSEILLE - LILLE 1-0


MARSEILLE 1LILLE 0
Coupe de France
10000 spectateurs
06/03/1927
Stade Municipal, Lyon
Grande foule, 50 500 F de recette (record pour le football à Lyon)

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Compte rendu dans la presse — Gallica (BnF)
L'Auto  📄 Gallica
A Lyon Olympique de Marseille bat Olympique Lillois par 1 but à 0. Les olympiens marseillais ont conquis hier, au détriment de ceux de Lille, le droit de continuer leur marche vers le titre de Champion de France, qu’ils détiennent déjà depuis deux années. C’est la victoire régu- lière de l’équipe complète, scientifique, plus athlétique aussi, sur celle plus jeune, bien douée, mais dont certains éléments man- quent encore de métier et de décision. L’arbitrage de M. Hanriot fut parfois un peu trop indulgent pour des fautes mar- seillaises, dont l’une en particulier aurait dû motiver une sanction sévère contre De- vaquez.

La pluie continuelle de la journée de sa- medi et du début de la matinée rendait inquiets les amateurs de football. Cepen- dant, au cours de la matinée le temps s’éleva et le soleil se montra. Aussi c’est par un temps superbe et sur un terrain as- sez bon que la rencontre se joua. Le coup d’envoi échoit à Marseille qui joue contre le soleil. L’O.M. descend im- médiatement dans le camp nordiste, qui est sauvé, puis à leur tour les Lillois font une incursion vers les buts de Allé. Le jeu voyage rapidement d’un camp à l’autre, sans avantage bien marqué. Les Lillois, qui jouent avec précision, réussissent quel- ques jolies phases. Gallay est dangereux et Lille doit mettre en corner. Le jeu est agréable. Von An effectue une jolie des- cente, bien que gêné irrégulièrement. A leur tour les Marseillais attaquent, et Boyer inquiète Vandeputte, qui sauve très bien. Pendant un instant, Lille domine et les buts du portier marseillais sont bombar- dés. Mais celui-ci sauve bien. Les ailiers lillois, très rapides, font de jolies échappées qu’ils ne terminent pas au mieux. Grave- lines se surpasse, tant en défense qu’en at- taque.

Les Méridionaux sont un instant domi- nés, mais leur défense est active, bien que parfois incorrecte. Tour à tour, les équipes prennent l’avantage, Von Au pour Lille, Boyer et Devaquez pour Marseille, réus- sissent de jolis mouvements. Le portier lil- lois se fait applaudir pour des arrêts remar- quables, puis les avants nordistes viennent inquiéter Allé, mais ne peuvent conclure, malgré quelques occasions favorables, et la mi-temps survient sur le résultat 0 à 0. A la remise en jeu Lille joue contre le soleil, les deux équipes réussissent tour à tour quelques jolies phases. Le Nordiste Von Au en pleine action est arrêté irrégu- lièrement par deux Marseillais, mais l’ar- bitre, bien placé cependant, ne siffle pas. L’aile Boyer-Devaquez se montre dange- reuse, mais le vétéran Gravelines est tou- jours là et sauve superbement. Marseille domine alors assez nettement, et la dé- fense lilloise doit se multiplier. Un coup franc lui permet de se dégager et de porter le jeu dans le camp des Marseillais. Ceux-ci pendant ceux-ci jouent avec fougue. Leurs attaques sont incessantes, et les Nordistes doivent concéder plusieurs corners. L'un est bien sauvé par Vandeputte, qui dégage quelque peu faiblement, cela permet une nouvelle attaque marseillaise, à laquelle collaborent Gallay, Crut, Boyer. Sur centre de Gallay, Crut botte dur au but, Vandeputte sauve mais ne bloque pas sa balle, celle-ci, reprise par Boyer, est expédiée dans les filets lillois. Il y a 12 minutes de jeu.

Marseille est alors en pleine action et joue dans le camp des Nordistes, qui contre-attaquent cependant en toutes occasions par leurs ailiers, et surtout Von Au, qui se dépense, mais est sérieusement marqué et peu secondé par ses inters. Les Lillois jouent plus mollement, et les Marseillais dominent un instant très nettement. Crut, Boyer, placent de jolis shots, mais rien ne passe par suite de l'active défense lilloise. Une attaque, conduite par Devaquez, est arrêtée par le portier lillois, qui est durement chargé par l'ailier marseillais. A la suite de cette charge, Vandeputte est un instant mal en point, mais reprend ensuite courageusement sa place. Le jeu se ralentit assez nettement, mais Marseille domine d'autant mieux que Lille joue sans conviction. Le goal nordiste est alors obligé de faire valoir toutes ses qualités, et sauve son camp de situations difficiles. Un coup franc accordé à Lille, près de la surface de réparation, est tiré sans résultat. Puis les tenants de la Coupe reportent le jeu dans le camp de leur adversaire. Cependant, les Nordistes ne s'avouent pas vaincus, et leurs réactions sont dangereuses. Une de leurs contre-attaques met en sérieux danger les bois de Allé. La balle reste un long moment devant ses buts, mais aucun Lillois ne réussit à placer le shot égalisateur. Un coup franc, botté par Gravelines, est sans résultat ; puis, jusqu'à la fin, Marseille domine. Les buts lillois ne sont sauvés que grâce à la virtuosité de Vandeputte, et c'est la fin sur le résultat : Marseille 1, Lille 0. Les vainqueurs présentèrent leur meil- leure équipe. Elle fournit une belle exhi- bition. L'équipe est bien complète dans toutes ses lignes, ses joueurs montrent une supériorité athlétique dont ils abusèrent en quelques occasions. La ligne d'avants, cons- tamment alimentée par ses demis, fit de jolies choses. Le centre Mader complète bien la ligne avec le quatuor international. Les ailiers, Dewaquelz et Gallay, étroite- ment marqués par les demis lillois, ne fi- rent rien de remarquable. Quant à Boyer et Crut, ils furent eux-mêmes, mais Crut joua par trop quatrième demi. La défense Jacquier-Durbec fut un solide rempart pour Allé, qui réussit de jolis arrêts, mais ne fut jamais en véritable danger. Les Lillois firent très bonne impression pour leur première apparition à Lyon. Il manque encore à certains éléments l'habi- tude des dures rencontres de Coupe et ils parurent influencés par la qualité et la ré- putation de leurs adversaires. Le goal, Van- deputte, justifia sa réputation et fournit un match de grand style. Ses arrêts furent impeccables ; il ne pouvait rien contre le but marqué. Le vétéran Gravelines fut l'a- nimateur du « onze » et fournit une partie remarquable. Il fut très bien secondé par Delbrayelles. La ligne des demis fit une bonne première mi-temps en attaque, mais par la suite le centre Berry parut moins à son affaire. Les deux ailiers furent bons et Dujardin se fit remarquer tout particuliè- rement. La ligne d'avants fut le point fai- ble du team. Les ailiers, très rapides, réus- sirent de jolies échappées, mais celles-ci se terminèrent généralement sans profit pour leurs partenaires ; les inters ne secondèrent pas efficacement le centre Von Au, qui se prouva joueur remarquable. Etroitement marqué et peu aidé par ses camarades, il ne put jamais faire aboutir les jolis mou- vements qu'il ébaucha. C'est le manque de shotcurs et de réali- sateurs dans la ligne d'avants qui a fait perdre le match aux Lillois. — Vieux.

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