O. Marseille bat F. C. Dieppe : 4-1
Cette rencontre, disputée au Stade de Pa- ris, avait attiré 4.000 à 5.000 spectateurs qui étaient en droit de s'attendre à un jeu plus scientifique et à une partie plus captivante. La renommée et les références des deux ad- versaires étaient telles que l'on pouvait es- pérer voir du grand jeu. L'on ne contempla que des choses bien ordinaires.
L'avant centre diééppois, Schmer, blessé à l'entraînement, ne put tenir sa place. En outre l'ailier gauche Hauduc fut touché dès le début de la partie ; il quitta le terrain pendant la première mi-temps , en seconde, il fut un simple figurant. Les Dieppois joué- rent donc à dix. Il ne leur était guère possi- ble de vaincre dans ces conditions ; mais il n'y a pas de doute que l'équipe marseil- laise ne soit, dans l'ensemble, d'une classe su- périeure à celle des Normands où les trous sont vraiment trop nombreux. Au bout d'un quart d'heure de jeu, la partie était jouée. Boyer marqua le premier but après 7 minu- tes, à la suite d'une belle combinaison avec Crut. Huit minutes plus tard, Lubrini ajou- tait un second but à la marque, à la suite d'un loupé d'un arrière dieppois ; il partit seul à 30 mètres et réalisa sans peine. Et ce fut bientôt un troisième but que de Ruym- becke réussit sur un mauvais dégagement et un quatrième que Boyer shoota à 15 mè- tres. Pendant cette première mi-temps, Mar- seille fut maître du terrain par ses avants et ses demis. Dieppe se défendit courageuse- ment mais maladroitement.
En seconde mi-temps, la physionomie du match changea quelque peu. Marseille vécut visiblement sur son avance ; aussi la triplet- te du centre dieppoise fit-elle de nombreuses incursions dans le camp méridional. Ses échappées ne furent qu'une seule fois cou- ronnées de succès, et encore de façon pas très nette. A la suite d'un coup franc ac- cordé à Dieppe, Gauvin reprit la balle de la tête et l'envoya vers le but marseillais. Bas- tiani para à l'intérieur : ainsi fut sauvé l'honneur dieppois. Les avants normands gâ- chèrent quelques belles occasions devant les buts ennemis. Mais il faut louer l'ardeur qu'ils déployèrent en seconde mi-temps pour tenter de remonter le score de 4 à 0 contre eux. Il n'y eut guère que Gauvin et Coruble pour se signaler chez eux, ainsi que le keeper Poullain, qui bloque bien. Lanchon nous a tout à fait déçus. Il joua mollement, sans ardeur, sans précision. Sur sa partie d'hier, ce joueur est très surfait. Les arrières man- quent de style La grande qualité de l'équipe c'est le courage. A Marseille, l'équipe est bonne, jugée sur la première mi-temps. Mais elle n'est pas de tout premier ordre. Boyer et Crut, dans un bon jour, ont fait la force de l'attaque. Les demis ne valent que par Cabassus, très en progrès. Avec Bastiani, Jacquier et Seïtz, la défense est honorable sans plus.