LE MATCH NUL DE RENNES Stade Rennais U.C. et F.C. Rouen : 1 à 1 après prolongation.
(De notre envoyé spécial.)
Rennes, 8 avril. — Le match qui mettait en présence les deux grands clubs provinciaux pour une demi-finale de la Coupe de France, avait atti- ré, sur le terrain du Stade Rennais, une assis- tance que l'on peut évaluer à 4.000 personnes. Sans le mauvais temps dont la partie fut grati- fiée tout au long, nul doute que l'affluence eût été plus considérable, car avant le coup d'envoi, fixé à 15 heures, les diverses enceintes étaient convenablement garnies.
A 15 heures, les équipes font leur entrée sur le terrain, chaleureusement applaudies par un public tout à fait sportif. Elles se présentent dans la formation suivante : F.C. de Rouen. — But : Barnes ; arrières Demeilliez, Cauthelou ; demis : Witty, Hérubel, Blaizot ; avants : Burel, Campbell, Bachelet, Hélotel, Renault. Stade Rennais. — But : Berthelot ; arrières : Molles, Le Quinio ; demis : Cormier, Batmale, P. Gastiger ; avants : Gast, M. Gastiger, Salaün, Marc, Leprince.
Le capitaine de Rouen dépose une gerbe de fleurs sur le marbre dédié aux Rennais tombés au Champ d'honneur. M. Fourgous arbitre. Dès le coup d'envoi, Rouen descend en trombe et, sur un très joli centre de Renault, Campbell reprend et bat Berthelot. (Rouen 1, Rennes 0.) Le moment de stupeur passé, Rennes repart à l'attaque et semble sur le point d'égaliser, mais Demeilliez sauve à temps. Le jeu est vite, très vite même, malgré l'état du terrain. Rennes joue franchement l'attaque. Batmale donne de l'air à son équipe, car Rouen ne se laisse nullement im- poser le jeu. Plusieurs coups francs sont sifflés contre Rennes pour hors-jeu. Le terrain lourd nuit à la beauté du football, néanmoins, Marc, l'inter- gauche rennais, amorce de belles attaques, mais Demeilliez et Cauthelon arrêtent tout. A son tour, Rouen domine légèrement, mais Berthelot dégage deux fois, coup sur coup. A la suite d'un coup franc contre Rouen, Leprince, qui a bien suivi, shoote, mais trop haut, et la balle sort. A nouveau, de 50 m., Molles shoote, et Bar- nes est obligé de mettre en corner. Ce dernier est bien donné et Barnes doit remettre en corner. Le but chauffe, mais un hors-jeu d'un rennais annihile tout. Les deux équipes attaquent tour à tour et Berthelot est obligé également de mettre en corner. Marc se distingue par son jeu sobre et scientifique. De nombreux coups francs sont ac- cordés par l'arbitre. Les arrières rouennais et rennais dégagent tour à tour. A la 30e minute Ber- thelot met en corner. Il est bien tiré par Renault et bien repris de la tête par Bachelet, mais la balle passe au-dessus de la barre. La mi-temps est sifflée peu après.
Deuxième mi-temps
Leprince, de Rennes, descend et centre joli- ment, mais sans succès. Successivement Demeil- liez et Blaisot se blessent mais reprennent leurs places. Quoique émaillée de coups francs et par cela même un peu hachée, la partie reste cour- toise. Mais la pluie tombant sans arrêt rend la balle tellement glissante que les joueurs ne par- viennent que bien difficilement à la contrôler. Un bel essai de Batmale à 35 mètres ne donne aucun résultat, Barnes ayant dégagé au poing superbe- ment. Néanmoins sur une belle ouverture de Marc, Salaun bat Barnes. Le but égalisateur est acclamé par des vivats enthousiastes. Le jeu se porte aussi bien d'un côté que de l'autre, mais rien ne passe et on prévoit les prolongations. Cependant un su- perbe essai de Rennes à la dernière minute de jeu est à noter, car Barnes était bien battu, mais Salaun met à côté alors que le but était vide.
La prolongation
Les joueurs, trempés, harassés, sont las. Un pénalty accordé à Rennes n'est pas transformé par Batmale. La deuxième mi-temps ne voit pas de changement et la fin est sifflée par l'excellent Fourgous sur ce résultat de 1 à 1.
Considérations
La partie fut fort décousue, les joueurs étaient animés par un grand désir de vaincre, les attaques étaient mal terminées et les arrières dégageaient trop loin sans chercher à servir leurs lignes d'at- taque. Berthelot fit bien ce qu'il eut à faire, de même que Barnes. Des arrières, Molles fut le meilleur à Rennes, tandis que Demeilliez et le jeune Canthelou furent bons. Des demis Batmale à Rennes et Gastiger émergèrent ; à Rouen Blai- sot joua bien et fut courageux. Quant aux lignes d'avants, seuls Marc et Leprince se distinguèrent et firent bien ce qu'ils eurent à faire. — V. Cour- cier.