Un jeu décevant des Lillois et des Rennais
Après deux heures d'une partie jouée au stade Pershing, l'Olympique Lillois et le Stade Rennais ont fait match nul, par 1 but à 1 (Jankowski pour Lille et Hugues pour Rennes).
Ce fut un superbe match... de Coupe. Les équipes, toutes deux énervées dès le début de la partie, jouèrent trop souvent avec une sorte d'affollement qui se manifesta par les nombreux coups francs, sifflés contre un camp comme contre l'autre, par les hors-jeu sans cesse répétés des avants rennais qui ne comprirent jamais la tactique des arrières lillois s'avançant l'un ou l'autre de quelques mè- tres afin d'étouffer, avant leur naissance, leurs échappées souvent dangereuses, par les hésitations devant les buts, lorsque leurs gardiens n'y étaient plus, enfin par l'absence de méthode.
Les Lillois essayèrent de réagir à plusieurs reprises contre le désordre qui semblait se généraliser sur le terrain. Ils eurent des esquisses de très beau jeu, mais les fois en furent rares. La lenteur de leurs départs, de leurs démarrages, de leurs passes fut mise à profit par les Rennais qui, quoique très brouillons, se trouvaient à l'aise pour brouiller le jeu de leurs adversaires.
Un homme seul fut le roi de la partie : Hugues. Sans lui, l'Olympique Lillois aurait gagné le match et le Stade Rennais n'aurait pas réussi une demi- victoire. Hugues se trouvait partout, soutenant la défense, courant vers les avants, renforçant ses demis de droite ou de gauche. Rapide, infatigable, expérimenté, il était à son aise pour prendre de vitesse la lenteur des demis et des avants lillois. Il fut enfin l'artisan du match nul par le superbe but que d'un coup de tête, il réussit contre le gardien de but olympien et lillois, dépité d'avoir été trompé.
La première mi-temps fut à l'avantage des joueurs du Nord qui, on ne sait trop pourquoi, n'avaient pas la faveur des deux tiers des deux milliers de spectateurs qui garnissaient l'amphithéâtre de Pershing. Sur un mauvais dégagement du garde rennais, Jankowski n'eut aucune peine à marquer pour Lille. A la reprise, Rennes oppose quelque rapidité à la nonchalante lenteur de Lille. Les avants bretons filent par les ailes et Bourdin se signale à ce jeu, bien qu'il craigne manifestement l'imposant arrière qui le marque. Un coup de coin est donné en faveur de Rennes. Bourdin le donne remarquablement, ce qui est rare. D'un coup de tête bien appliqué, Hugues place la balle dans le coin du filet aux applaudissements frénétiques de l'assistance. Lille sent passer le souffle de la défaite, car par deux fois il eut suffi aux avants rennais de pousser légèrement la balle pour obtenir la victoire. Mais les Lillois réagissent encore. Ils réorganisent leur jeu. Eux aussi par deux fois manquent des occa- sions toutes faites... C'est la fin réglementaire de la partie. Inutile de parler des prolongations, les équipes fatiguées ne fournirent qu'un jeu encore plus médiocre que pendant la durée normale. L'Olympique Lillois et le Stade Rennais rejoue- ront leur match le 19 mars.