PARIS - VIENNE 1-5


PARIS 1VIENNE 5
Match Amical
20000 spectateurs
24/01/1932
Stade Buffalo, Montrouge
Recette : 199.985 fr.

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Compte rendu dans la presse
L'Auto  📄 Gallica
LES VIENNOIS FURENT NETTEMENT SUPÉRIEURS AUX PARISIENS, HIER, AU STADE BUFFALO (Suite de notre article de première page) La partie Environ 20.000 spectateurs étaient présents lorsque M. Raguin siffla le coup d'envoi donné par les Autrichiens. Le début du match est assez déconcertant, les Viennois dont on attendait de grandes choses tardent à attaquer. Il est vrai que les Parisiens paraissent déchaînés, et durant 20 minutes, ils accumuleront attaques sur attaques. Les Viennois sont-ils gênés par les déboulés désordonnés, certes, mais dangereux quand même des attaquants parisiens ? On est en droit de le croire, car après dix minutes de jeu offensif difficilement contenu par la défense autrichienne, on assiste à dix autres minutes durant lesquelles les avants de Paris harcèlent encore plus Hiden, Blum, Rainer, le trio défensif de l'équipe de Vienne. Puis c'est fini, le match est en lui-même terminé. Les efforts de Bunyan, de Mercier, les déboulés de Galey ne donnent rien, Dumas à l'aile droite de l'équipe de Paris a beau essayer de percer, mais il a devant lui Luef et Blum qui sont « impénétrables ». Et c'est alors une longue période de jeu qui se déroule à l'avantage des Viennois, Bunyan essaie bien de passer entre Rainer et Blum, mais il se fait boucler in extremis. L'on voit ensuite Dumas centrer, mais de la tête, Blum expédie, assez fortement d'ailleurs, la balle à Hiden qui la reçoit — et sans doute, très habitué à ce genre de défense — la renvoie sans émotion. L'équipe viennoise fait une grosse impression, mais elle semble se retenir, et les Parisiens en profitent pour attaquer à nouveau, mais Bunyan est trop marqué et, d'autre part, Blum et Rainer se défendent très habilement. Et nous arrivons, vers la 25e minute, au premier but marqué pour Vienne. C'est l'ailier gauche Vogl qui, par une descente rapide, sème la perturbation dans le camp défensif de Paris. Chaisaz hésite avant de sortir pour intercepter le centre, alors que Gschweidl reçoit et botte, c'est un but contre lequel Chaisaz ne peut plus rien. Chaisaz est barcelé. La précision des Autrichiens est déconcertante pour la défense parisienne, où seuls Anatol et Parkes réagissent heureusement, surtout le premier. Tous les avants autrichiens démontrent qu'ils possèdent, outre une excellente technique, un contrôle admirable de la balle. Leur jeune ailier droit Zischek amorce des descentes qui se terminent par des combinaisons de passes entre toute la ligne. Les essais parisiens, de moins en moins nombreux, se heurtent tous à la défense très serrée de Blum et de Rainer qui, à eux deux, suffisent à contenir les cinq attaquants français. Enfin, Galey amorce une belle descente, après avoir évité Blum il shoote dans sa foulée, Hiden ne peut arrêter et la balle, après un rebond, arrive sur le pied de Bunyan qui marque un but. Les deux équipes sont à égalité, pour peu de temps car, quelques minutes après et très peu de temps avant la mi-temps, Gschweidl, d'un shot à ras de terre, bat encore Chaisaz qui s'était fort mal placé pour parer. Au repos, Vienne mène par 2 buts à 1. La seconde mi-temps La seconde mi-temps débute avec des alternatives diverses d'abord, puis les Autrichiens prennent le dessus. Un shot de Schall sous la barre sort heureusement car Chaisaz ne toucha le ballon que du bout des doigts. Pavillard et Bunyan menèrent ensuite une descente qui s'arrêta juste à un mètre de Hiden qui intervint juste à point. Tout comme pendant les premières minutes de la première mi-temps les Parisiens essaient de déborder la défense autrichienne, mais ils le font maintenant avec beaucoup moins d'assurance. Zischeck continue à déborder Finot et Anatol ; Gschweild et Sindelar essaient d'utiliser leurs centres, mais rien ne passe. Au contraire, l'ailier gauche autrichien Vogl, utilisant une passe de son demi, lance l'aile droite ; le centre de Zischeck, avec beaucoup d'effet, arrive à Scholl qui marque le troisième but pour Vienne. Les Viennois dominent toujours ; on craint durant quelques secondes qu'Anatol ne soit blessé à la suite d'une rencontre avec Zischeck, mais il n'en est heureusement rien. Dumas s'échappe mais se fait arrêter par Blum et immédiatement après Zischeck repart, passe à son inter qui transmet à Sindelar et la balle voyage ainsi jusqu'à Vogl qui, se rabattant, marque dans le coin droit du but alors que Chaisaz attendait le ballon à gauche. Sur la remise en jeu, les avants parisiens conservent la balle jusque dans les dix-huit mètres viennois où ils se font stopper. Sans se décourager ils descendent à nouveau, mais Mercier centre au-dessus et en arrière. Les Autrichiens se jouent littéralement des joueurs de Paris. Zischeck dribble et feinte, passe à Sindelar qui deux fois trompe Parkes et passe finalement dans un bel angle à Vogl. C'est le cinquième but pour Vienne. Le jeu perd ensuite de son intérêt Les Viennois ont acquis la victoire qu'ils désiraient, ils aspirent au repos et le montrent en envoyant parfois en touche. L'équipe de Paris a quelques sursauts très applaudis ; sur un shot, Bunyan est très près de marquer, mais Hiden, bien que pris à contre-pied parvient à plonger pour arrêter dans le coin opposé. L'équipe de Paris attaque, mais le public lui-même n'ose plus encourager les joueurs, le résultat ne changera plus, tout le monde le sent et les dernières descentes de Vogl ou de Zischeck bien que mettant en danger Chaisaz restent sans résultat L'arbitrage, large, mais très clair de M. Raguin fut excellent. — A.-A. Ducrocq. Comment ils ont joué LES PARISIENS CHAISAZ. — Tint le poste de Tassin sans le remplacer. Ne doit pas être très fier de son match. En a joué et en jouera de meilleurs. Nous consola avec. quand même, quelques beaux arrêts. ANATOL. — Le meilleur homme de Paris. Tranquillisa dès les premières minutes ceux qui craignaient qu'il ne retrouvât pas assez vite les réflexes de l'arrière. Dégagea très fort et souvent assez juste PARKES. — Avait à marquer l'aile la plus dangereuse. Résista toute la première mi-temps, puis laissa passer, flegmatiquement. Sa blessure ne lui permettait pas de faire mieux. FINOT. — Fut égal à lui-même. Il est dépaysé en compagnie si relevée. Montra du courage, beaucoup de courage et de l'imprécision, beaucoup d'imprécision. GAUTHEROUX. — Ne fut jamais dans la course. Etait blessé avant de jouer. Aurait dû s'abstenir... mais a peut-être craint d'être suspendu, comme Pinel. RIGOLLET. — Tenace, accrocheur, volontaire, ne pouvait espérer endiguer les déboulés de Zischeck, ni subtiliser la balle à Gschweild. Ne lâcha cependant pied que dans le dernier quart d'heure. DUMAS. — Passa un « méchant » examen. saires ; mais ne pouvait passer entre Blum et Rainer. Fit un match honnête. PAVILLARD. — Le meilleur avant parisien, sans pour cela avoir été transcendant. Abattit une besogne énorme, se repliant sans cesse à la recherche d'une balle très rare. N'eut guère l'occasion ni le loisir de shooter. GALEY. — A fait de bien meilleures parties. Fut trop intermittent et pas assez agressif. LES VIENNOIS HIDEN. — N'eut pas de fréquentes occasions de montrer ses talents. Fantaisiste et un tantinet cabotin, stoppa une balle très dure de Bunyan, quoique surpris à contre-pied et cueillit avec une netteté classique un shot du corner par Galey où, malgré tout, on entrevoyait sa classe. BLUM. — Est le meilleur arrière d'Europe. N'a pas l'air de s'en douter et fait sobrement, infatigablement, un travail d'une pureté, d'une décision et d'une précision remarquables. RAINER. — Très grand arrière qui supporte parfois la comparaison avec Blum, ce qui (voir ci-dessus) est un beau compliment. LUEF. — Demi de classe exceptionnel. N'accepte jamais d'être passé. Ne perd pas une balle. HOFFMANN. — Ne semble pas de la même école que ses camarades... ou alors, est dans la classe au-dessous. N'eut pas beaucoup de travail. BENDA. — Est plus près de Luef que d'Hoffmann. Livra de beaux matches à Pavillard. N'eut pas toujours raison, mais souvent. ZISCHECK. — Possède une vitesse de dribbling surprenante, sait aussi très bien disputer la balle et l'obtenir, centre avec précision. Pourrait, semble-t-il, prendre plus souvent sa chance en se rabattant et en shootant au but. GSCHWEILD. — A fait beaucoup mieux que devant le Racing avec First Vienna. Dribbleur émérite, tacticien consommé, shooteur dangereux. Il fut l'âme de l'attaque viennoise. Avare de gestes, correct et élégant, peut être comparé aux plus grands joueurs britanniques. SIUDELAR. — D'une qualité indéniable, ne fut pas très brillant et, pour tout dire, le moins bon de la ligne. SCHALL. — Excellent inter, mais ne peut rivaliser avec Gschweild. Lança fréquemment Vogl dans un très beau style. A un shot très dur. VOGL. — Moins complet que Tischeck, est meilleur shooteur ou du moins, montre plus souvent ce côté de son talent. — R. D. LE BANQUET Un banquet réunit dans les salons Marguery, dirigeants et joueurs. On remarquait à côté de M. Henri Jevain, président de la L.P.F.A., MM. Flaher, représentant de l'ambassade d'Autriche; Chataignon, directeur du service de la propagande étrangère, Guero, président de la Fédération Hongroise, Hugo Meisl, sélectionneur unique d'Autriche, le commandant Grujeon, représentant M Morinaud; des membres de la L.P.F.A., de la 3 F.A. et de nombreux représentants de clubs. A l'heure des toasts, des allocutions furent prononcées par MM. Jevain, Flaher, Chataignon, Pochonnet, Hugo Meisl et Breyer, célébrant l'amitié qui unit sportivement l'Autriche à la France. M. Hugo Meisl félicita particulièrement l'arbitre Raguin, et demanda qu'il vienne diriger une grande rencontre à Vienne. De plus le sélectionneur unique autrichien a invité l'équipe parisienne, à Vienne, pour un match retour. La recette du match s'est élevée à 199.985 francs.



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