PARIS - NORD 2-2


PARIS 2NORD 2
Match Amical
6000 spectateurs
01/11/1922
Stade Bauer, Saint-Ouen
Très mauvais temps

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Compte rendu dans la presse
L'Écho des Sports  📄 Gallica
Les Nordistes ont tenu les Parisiens en échec Hier, à Saint-Ouen, par un temps déplorable, les équipes représentatives de Paris et du Nord ont fait match nul par 2 buts à 2. Est-ce un réveil ? Une pluie incessante, agrémentée de rafales de vent, n'avait pas empêché 6.000 fervents du ballon rond de se rendre, hier, à Saint-Ouen, pour assister à la classique rencontre des équipes représentatives de Paris et du Nord. Ce fut, de la part des spectateurs, véritablement de l'héroïsme. J'aime à croire que si le temps s'était montré un peu plus clément, les diverses enceintes du Stade de Paris eussent été beaucoup plus garnies. Mais alors l'organisation se serait peut-être montrée insuffisante. Il ne semble pas qu'on puisse aisément recevoir 20.000 spectateurs sur ce terrain appelé à devenir l'un des plus fréquentés de la capitale. La rencontre fut, en dépit des circonstances défavorables, très intéressante à suivre de bout en bout. C'était à prévoir. Pour qui connaît, en effet, la vieille rivalité qui anime ces deux régions de la France, pour qui a suivi, depuis son origine, le développement du football dans notre pays, il était évident que, malgré l'absence de quelques étoiles, d'un côté comme de l'autre, le match serait animé et fertile en émotions. Celui d'hier n'a pas manqué à la tradition. Ceux qui avaient douté de son intérêt se repentiront certainement de leur manque de clairvoyance. Dans une tribune copieusement garnie, on ne remarqua guère de personnalités du monde officiel. Pour ma part, je n'y ai vu que M. Missoffe. Excusons les autres de n'avoir pas saisi la portée de cette rencontre. ** Les Nordistes ont fait grosse impression, surtout au cours de la seconde mi-temps qui leur valut le match nul. Peut-être le moment est-il venu d'annoncer leur réveil. Après un début de partie où ils furent largement dominés, mais au cours duquel les avants parisiens ne purent matérialiser que par un but le net avantage de leur équipe, les Nordistes se montrèrent très à l'aise sur le terrain lourd. Plus athlétiques dans l'ensemble, plus combatifs, animés d'une foi plus grande, ils s'assurèrent par la suite le meilleur sur leurs adversaires, attaquant et fonçant sans relâche, essayant coup sur coup des shots longs et précis qui leur réussirent assez bien. Cette tactique du shot fréquent était bien celle qui convenait hier. Pour l'avoir compris, les Nordistes ont failli remporter la victoire : ils ont acquis, en tous cas, le match nul. Certes, le football parisien parut dans l'ensemble plus fin et plus scientifique; il eut plus de trouvailles, plus d'imprévu. Mais il manqua d'efficacité et de volonté réalisatrice. Et, chose assez curieuse, les Nordistes parurent jouer plus vite en seconde mi-temps. Il semble que cette précieuse qualité de vitesse commence enfin à être en honneur dans notre Nord qui était, jusqu'ici, la région de la France la plus rebelle à son acclimatation. Le Nord se réveille. C'est avec joie que nous saluons cette renaissance d'une région qui fut longtemps à la tête du football français. ** Paris fut inférieur en défense, sauf dans les buts où Chayriguès se montra nettement meilleur que Guillain, adepte peu heureux de la reptation. Mais les arrières furent éclipsés par Depaepe et surtout Buzza qui fut le roi du terrain. Dommage qu'il ne soit pas français Bonnardel fut le meilleur demi; il est en pleine forme et n'a pas de concurrents sérieux; et cependant, Courquin, son homologue fit une belle partie; mais il est moins complet. Hugues, par contre, soutint assez mal la comparaison avec Lerouge qui le domina en attaque, sinon en défense. Je ne crois pas Hugues en déclin, mais seulement à court d'entraînement. Mistral fut le moins bon de la ligne nordiste, comme Maeght fut le moins bon de la ligne parisienne. Celui-ci se montra joueur honnête; mais Mistral tint mal Dubly; son service aux avants ne s'améliore pas, au contraire. Les avants parisiens furent, avons-nous dit, plus scientifiques. Crut et Stuttler retinrent particulièrement l'attention. On peut reprocher à Crut son manque de perçant et sa timidité; mais il a une belle compréhension du jeu. Stuttler est plus actif, mais moins brillant. Caillet fut ordinaire; Dufour brilla par intermittences, comme Boyer d'ailleurs, qui confirma pleinement l'idée que j'avais émise sur son compte. Dubly et Wattine s'avérèrent les meilleurs avants nordistes. Le premier n'a rien perdu de ses qualités; il est toujours très dangereux. Wattine fut un inter actif, puissant et excellent shooteur; il est en grand progrès. Ryssen est un guetteur dangereux; il ne fait que shooter, mais il le fait bien. Parsys, beaucoup plus athlétique que je ne me le figurais, et Berr, l'extrême droit boulonnais, ont fait dans l'ensemble de jolies choses. Ce sont des joueurs à suivre. — Maurice Pefferkorn. (Voir en rubrique « Association » le compte rendu de la partie.)



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